Crédits
BO TRAVAIL
Réalisation :
Rozenn Milin

Images :
Muriel Lütz
Virginie Berda
Vincent Chaffard
Philippe Coutant

Son :
Roger Mboupda
Joseph Basse
Marek Nurzynski
Talla Hervé Imboua
Joël Kofi

Montage :
Caroline Laurent
Anne Buxerolle
Sylvain Pierzchlewicz

Mixage :
Éric Laurendeau

Étalonnage :
Marc Jousset

Création graphique :
Jérôme Letué

Merci aux locuteurs des vidéos :
Orphée Opokou, Henriette Yangra, Jérôme, Aboï François Yangra, Etienne N’gatta, Professeur Paul Aholi, Félix Kokogni, Catherine, Koffi Maximin Béné, Koberia Marc Tano, Monfon Ababio Monfon, Suzie Anzouab Djihe, Gaston Yerima, Pascal Kotkwa, Papa Kalo, Gilberia Bassène, Christophe Bassène, William Data, Léontine Keita, Jacques Camara, Marc Keita, Rigobert Keita, Benoît Keita, Gilbert Kanté, Valéry Keita, Bocar Samoura, les écolières de Ninéfécha et les enfants de l’école batanga : Madanéa, Miriel Mahailet, Charles Iyanga, Evehe Maurice Ngande, Laurent Njokwe

DARJEELING
Conception :
Darjeeling
Marc Lustigman, Noam Roubah

Direction artistique :
Gwendal Le Scoul (TalkieWalkie)

Développeur :
André Berlemont

Stagiaire de production :
Élisa Planes
Coralie Nugier
Joffrey Lavigne

ARTE FRANCE
Karen Aireau
Marie Berthoumieu
Martina Bangert
Adrien Carpentier
Romain Charrière
Gilles Freissinier
Marianne Lévy-Leblond
Chadi Romanos
Jérôme Vernet
Julien Vidal
Programme
Samedi 28 septembre 2013, ARTE consacre une journée de programmation spéciale en hommage à tous les peuples menacés de par le monde et qui incarnent cependant la plus grande diversité culturelle encore vivante de l’histoire de l’humanité.
EN JOURNÉE
Documentaire de Luis Miranda
Dès 12.55 et tout au long de la journée : DES LANGUES QUI NE VEULENT PAS MOURIR
Série documentaire de Rozenn Milin
13.05 : JON LE SAMI>
Documentaire de Corto Fajal
15.55 et 16.55 : QUAND LES LANGUES DISPARAISSENT
Documentaires de Moo-Sung Kim
Moyen-métrage de Raymond Depardon et Claudine Nougaret
Reportage de Svea Anderson
EN SOIRÉE
Documentaire de Daniel Vigne
Documentaire réalisé par Yves Maillard
Documentaire de Michael O’Neill et Randall Wood
Symbole
Baka
Banôhô
Menik
Jóola Banjal
Bron
Abouré
Le « symbole », de triste mémoire, était un objet honteux utilisé dans les écoles, tant en France métropolitaine que dans les anciennes colonies, pour forcer les enfants à parler français et à oublier leurs propres langues maternelles.

Basé sur la délation, le principe était simple mais redoutable : lorsqu’un élève était surpris à parler sa langue, l’instituteur l’affublait d’un objet, symbole de son arriération : queue de vache, sabot etc. en France ; crâne de singe, bouses de vache etc. en Afrique.

L’enfant devait alors porter ce « symbole » autour du cou jusqu’à ce qu’à son tour il débusque un autre camarade fautif. Et en fin de journée, le dernier à porter le symbole était puni : châtiments corporels, séances de moquerie générale, amendes, devoirs supplémentaires etc.

Voici un florilège de témoignages de ces terribles pratiques, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Cameroun.
Ils se nomment eux-mêmes les Bakas, mais on les connaît plus sous le nom de « pygmées », un terme jugé péjoratif car il signifie « petits hommes ».

Ils vivent essentiellement dans les forêts du Cameroun et du Gabon et leur mode de vie est basé sur la chasse, la pêche et la cueillette.

Deux jeunes Bakas, Gaston et Pascal, se demandent combien de temps leur langue et leur culture pourront résister face à l’hostilité de leurs voisins bantous et à la déforestation qui les prive de leurs ressources.

La musique des Bakas
Le chant rythme toutes les activités des Bakas : les départs pour la chasse ou la pêche, l’établissement de nouveaux campements, les funérailles etc. Les femmes bakas, en particulier, ont développé une tradition musicale unique, à travers d’envoutantes polyphonies au cœur de la forêt...
Parlée au sud du Cameroun, en bord de mer, la langue Banôhô compte aujourd’hui moins de 1000 locuteurs et est considérée comme étant en très grand danger de disparaître.

Les parents ayant été traumatisés par les punitions infligées à l’école pour leur apprendre le français, ils ont en effet cessé de transmettre leur propre langue à leurs enfants.

Georges se bat aujourd’hui pour redonner de la vitalité à sa langue et à sa culture.

La musique des Batangas
Le groupe Johi (La voix) chante et danse les mythes du peuple batanga, des mythes liés à la mer et aux dieux maritimes appelés Jengu.
Le leader du groupe, Ebehumè (la méduse), mène la danse de la tortue…
Situés à l’extrême-est du Sénégal, près de la frontière malienne, les Bediks ne sont plus que 3000 à parler leur langue, et on peut craindre que la langue menik continue de décliner car les jeunes partent les uns après les autres à Dakar.
Mais tout n’est pas perdu car là-bas, Benoît, Maurice, Gilbert et d’autres jeunes étudiants se démènent pour faire vivre leur langue à travers des modes d’expression contemporains : musique, cinéma etc.

La musique des Bediks
Maguela ! C’est le titre du rap en menik que Benoît, étudiant en cinéma, chante ici avec son ami Maurice, sur une musique de Younes Magadzoo. Car le menik ne vivra que s’il sait s’adapter au XXIème siècle…
Un choc des cultures !
Nous sommes en Casamance, au sud du Sénégal. Alain-Christian est linguiste, et c’est en travaillant avec d’autres linguistes étrangers qu’il a découvert que sa propre langue, le jóola banjal, était en danger, avec seulement 7000 locuteurs.
Sa prise de conscience l’a amené à travailler sur sa langue, à la faire écrire, à l’enseigner, et à se battre pour qu’elle continue de vivre.

La musique des Jóola-Banjal
C’est sur un mode pop-reggae que Charles et son groupe Areto ont choisi de célébrer leur langue, le jóola banjal. Une mélodie suave et des danseuses virtuoses sous le soleil de Ziguinchor…
Mathias, de l’Académie Ivoirienne des Langues, raconte le combat de son peuple pour sauver sa langue, la langue bron. Les Brons sont un peuple implanté essentiellement au Ghana, et dont une partie a émigré à l’est de la Côte d’Ivoire voisine vers le 17ème siècle.
Leur langue est toujours très vivace, de part et d’autre de la frontière, de même que leur culture, avec la persistance d’un système de royauté traditionnel très influent, avec rois, reines, cours royales, chefs etc.

La musique des Brons
Les femmes et jes jeunes du village de Taha Kro, dans la forêt ivoirienne, rendent hommage en chanson aux ancêtres qui ont établi leur campement, à l’image d’un feu qui se répand. Et de jeunes et magnifiques danseuses exécutent la danse de la biche («adoi»)…
Félix, animateur radio et cinéaste en pays abouré, au sud-est de la Côte d’Ivoire, près de Grand Bassam, défend sa langue avec passion. Les Abourés sont en effet fiers de leur identité et de leur culture.
Avec ses 80 000 locuteurs, la langue n’est pas immédiatement menacée mais demeure fragile : établis en zone péri-urbaine, les Abourés voient en effet arriver toujours plus de migrants qui risquent à terme de devenir majoritaires.

La musique des Abouré
Le groupe Owè nƐ èbè (« La mort n’a pas d’amis ») est composé de paysans, hommes et femmes, qui chantent des chants traditionnels sur l’histoire du peuple abouré et la vie des grands hommes du pays.